Appartenance Mauricie : Soci¹t¹ d'histoire r¹gionale









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Appartenance Mauricie : Sociþtþ d'histoire rþgionale
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Appartenance Mauricie : Sociþtþ d'histoire rþgionale
CALENDRIER     


Calendrier 2008

Légende de la photo : L'air sévère des deux bêtes à cornes n'a d'égal que le regard soutenu et déterminé du cultivateur. À l'ombre des conifères, il laboure cette terre, de prime abord, peu accueillante. Ganté et aidé par sa compagne, le jeune homme amorce une activité qui se maintiendra tout au long du XXe siècle dans l'agglomération latuquoise. Toutefois, c'est surtout l'explosion de l'exploitation forestière qui marquera l'histoire économique du Haut-Saint-Maurice.

Source : Société historique de La Tuque et du Haut St-Maurice


L'AGRICULTURE EN MAURICIE :
UN TERREAU FERTILE POUR L'HISTOIRE

Deux siècles d'évolution de l'agriculture en Mauricie

En Mauricie, c’est sur la rive du fleuve que se concentrent les meilleurs des sols propres à l’agriculture. Choyé par son climat, le pourtour du lac Saint-Pierre est le coeur de ce domaine agricole, l’un des plus anciens du Québec.

Vers 1800, la population mauricienne est encore faible, moins de 20 000 habitants étalés sur la bordure du fleuve. L’occupation des terres vers l’intérieur y atteint seulement une dizaine de kilomètres, un peu plus toutefois le long du Saint-Maurice et de la Batiscan. La grande migration vers les Laurentides a à peine commencé. Mais il faut compter avec une vigoureuse natalité qui fera quadrupler la population régionale durant le siècle. De 1830 au sommet de 1911, le nombre d’agriculteurs en Mauricie passera de 3 500 à 7 000. Et la limite du domaine agraire y sera atteinte à l’aube du XXe siècle.

Le XIXe siècle marque une longue transition vers une commercialisation accrue des productions végétales et animales. En gros, l’agriculture mauricienne épouse, avec un certain décalage toutefois, les principales tendances de l’agriculture québécoise : la montée des élevages bovin et porcin, l’essor de grandes productions végétales (l’avoine, l’orge et le foin, notamment).

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, les agriculteurs mauriciens améliorent sensiblement leur outillage et leurs pratiques et veillent à agrandir leurs domaines familiaux. Dans les zones choyées, les gros ont tendance à devenir plus gros, accentuant de la sorte les contrastes avec les agriculteurs fraîchement installés sur le front pionnier. Au cours des dernières décennies, les nouvelles liaisons ferroviaires désenclavent plusieurs localités de l’arrière-pays et stimulent les échanges de la région avec l’extérieur. C’est la période qui marque notamment l’ouverture des marchés interne et étranger au beurre et au fromage, une orientation qui confirme la commercialisation accrue de l’agriculture régionale.

Au tournant du XXe siècle, l’agriculture régionale entre dans une période de transformation plus profonde. L’industrialisation en est le moteur. Après 1900, la population des villes régionales augmente rapidement. Aussi, les agriculteurs mauriciens tâchent-ils de répondre à ses besoins en augmentant leur production et en améliorant la productivité de leur travail. La hausse importante de la production de lait, du beurre et du fromage joue un rôle crucial dans cette adaptation, laquelle entraîne toutefois le déclin du nombre d’agriculteurs, lequel de 1900 à 1950 glisse de 7 000 à environ 5 500.

Néanmoins, il faut convenir qu’avec un nombre moyen de 12 bovins et de 8 porcs par exploitant, les exploitations de la Mauricie ont encore une envergure limitée vers 1950. Et le tracteur y est le plus souvent absent.

L’un des traits dominants de cette période de 1900-1950, c’est le mouvement d’organisation qui traverse tout le milieu agricole mauricien. À cet égard, la naissance en 1924 de l’Union catholique des cultivateurs inaugure une étape majeure dans le regroupement des forces du milieu agricole. Or celui-ci va de pair avec l’affirmation de l’idéal de la coopération. À côté des caisses populaires Desjardins qui se répandent dans les paroisses, les coopératives agricoles se multiplient. Ce sont des outils collectifs qui visent à assurer le développement de la localité. Mais à partir des années 1960, on assiste à leur élimination rapide. La stratégie du développement local est alors battue en brèche par les offensives du monde industriel et du mouvement coopératif centralisé, lequels misent, eux aussi, désormais sur la concentration de la production en des lieux favorisés, hors de la Mauricie.

Les années 1970 marquent le triomphe d’une agriculture technique fortement capitalisée en quête perpétuelle de gain de productivité, ce qui incite à agrandir et à rendre sans cesse plus concurrentielles les exploitations. Dorénavant, celles-ci fonctionnent comme des entreprises dans un marché de plus en plus exposé au jeu du commerce international. Celles qui ne réussissent pas à exceller sont condamnées à disparaître. D’environ 5 250 en 1951, le nombre de cultivateurs en Mauricie passe à quelque 1 450 en 1991. Et cette déprise agricole s’accompagne d’une importante réduction du domaine cultivé. Sur les anciens fronts pionniers, la forêt tenace reprend ses droits.

Normand Séguin


Calendrier Festival Western St-Tite 40 ans

Légende des photos : Le nombre de visiteurs total au Festival depuis sa création se compte par millions. L'esprit western jailli de quelques visionnaires en 1968, est là pour rester. Ces deux photographies font simplement le pont entre hier et aujourd'hui, sous le signe du souvenir et de la continuité

Source : Collection Michel Pothier, photographe et ATR Mauricie


AU FIL DES ANNÉES... UNE HISTOIRE EST NÉE
LE FESTIVAL WESTERN DE SAINT-TITE, 40 ANS D'ÉMOTIONS!

Chapeau à nos collègues d'Appartenance Mauricie! Conscients de l'importance de l'histoire dans notre culture, ceux-ci font un travail exemplaire. Le calendrier sur le Festival Western de St-Tite en est un très bon exemple. Il témoigne avec élégance des 40 ans d'histoire de notre événement. Nous sommes d'ailleurs très fiers de participer à ce projet.

Au début du 20e siècle, Saint-Tite était le lieu de rendez-vous des bûcherons du nord de la Mauricie. L'industrie forestière et celle du cuir étant très lucratives permettent alors à la région de se développer. Au fil du temps, Saint-Tite a choisi de se spécialiser dans la transformation du cuir et s'est valu le titre de "Ville du cuirs au Québec". La ville devient rapidement connue par la qualité de ses produits qui sont exportés au Canada, aux États-Unis et même en Europe.

L'entreprise G.A. Boulet, spécialisée dans la confection d'articles de cuir, décide d'innover et d'axer ses fabrications au niveau des bottes western. C'est en 1967, dans le cadre d'une stratégie publicitaire, qu'un rodéo est organisé et présenté par G.A. Boulet sur le terrain de baseball de la ville. La journée fut un succès monstre, plus de 6 000 personnes assistent au rodéo malgré la pluie. On dit même que les marchands de la ville auraient manqué de nourriture durant l'événement, tellement il y avait de visiteurs. Voyant le succès de l'événement, en 1968 différents marchands locaux se rassemblent et forment l'Association des commerces, industries et affaires de Saint-Tite (A.C.I.A.) et collaborent avec G.A. Boulet dans le but que l'événement prenne de l'expansion. Le souhait des organisateurs est de rendre l'attraction permanente tout en augmentant les retombées économiques de celle-ci.

Plusieurs activités s'ajoutent au Festival et c'est en 1969 qu'on y joint la fameuse parade à traction animale qui deviendra, avec les années, le plus grand défilé entièrement à traction animale au Canada. On améliore aussi la logistique, la sécurité, les aménagements ainsi que les installations sanitaires afin de rendre l'événement toujours plus attrayant. En 1972, on construit les premières estrades d'une capacité de 8 000 sièges.

La clé du succès pour un événement de renommée mondiale tel que le Festival Western de St-Tite repose sur l'appui de partenaires locaux et nationaux, sur un bon support médiatique ainsi que sur le travail acharné de plus de 500 bénévoles. Par ailleurs, le Festival n'existerait probablement pas sans le formidable soutien de la population. Avec les années, l'accueil et la disponibilité des gens de Saint-Tite ont fait en sorte que le Festival a pu progresser et devenir la référence dans l'est du Canada, en terme d'événement à caractère country-western.

Josette Naud
Présidente de la 40e édition


Légende de la photo : N'est pas policier qui veut! En plus de posséder des vertus de courage et de détermination, le policier doit, de plus en plus, ajouter de vastes connaissances dans bien des domaines. Il s'implique davantage dans la prévention et devient ainsi un éducateur du public comme en fait foi cette scène, croquée en 1957, où deux policiers s'affairent à une traverse d'écoliers sur la rue Notre-Dame à Trois-Rivières, en face du Jardin de l'enfance.

Source : Le Nouvelliste


LA SÉCURITÉ PUBLIQUE EN MAURICIE : UNE PRÉSENCE DEPUIS 1857

150 ans de protection publique
Nos amis d'Appartenance Mauricie n'en manquent pas une! C'est ainsi qu'ils entreprennent de souligner 150 ans de présence policière en Mauricie. Notre premier corps de police date en effet de 1857 et ça n'est pas un hasard.

Dans les années 1850 se met en place la Mauricie industrielle. Le gouvernement entreprend l'aménagement de la rivière Saint-Maurice pour faciliter le flottage du bois et les concessions forestières prennent de la valeur. Au débouché de la rivière, le port de Trois-Rivières va connaître un "boum" économique. Ils arrivent de partout, les arpenteurs, les bûcherons, les draveurs, les contremaîtres, les journaliers, les charretiers... Des hommes souvent rudes qui envahissent les hôtels, auberges, tavernes, maisons de chambres, maisons de pension, maisons de jeu et maisons de plaisir.

Le clergé, les bourgeois et le bon peuple de Trois-Rivières demandent une meilleure protection et le conseil municipal va leur donner raison. En 1857, avec l'incorporation de la "cité des Trois-Rivières", les élus ont le pouvoir de créer une force policière composée de volontaires relevant de l'inspecteur de la ville, disponibles sur appel et payés à l'acte. Notez que ce modeste corps de police est l'un des premiers au Canada : la Gendarmerie royale du Canada et la Police provinciale du Québec seront formés plus tard, après la Confédération.

En 1877, Trois-Rivières remercie ses volontaires et se dote d'un corps permanent, composé de quatre agents salariés, soumis à l'autorité d'un chef. Désigné officiellement sous le nom de "Three Rivers Police", il aura son premier véritable quartier général en 1883, sur la rue Champlain, près de l'hôtel de ville.

La première moitié du vingtième siècle sera une période d'expansion pour la fonction policière. De nouvelles villes viennent au monde et se dotent de corps policiers qui vont se développer à mesure que croissent les villes en question. Voyez l'exemple de Shawinigan : six agents en 1920, trente et un en 1948!

Vers 1970, la Mauricie va aussi devenir un pôle de formation pour les policiers de tout le Québec. Le Séminaire de Nicolet abritera l'École nationale de police et le CEGEP de Trois-Rivières offrira un cours de Techniques policières.

Dans le domaine policier, notre région est donc un lieu de tradition et de formation, de souvenirs et d'avenir. En cette année 2007, Appartenance Mauricie est là pour nous le rappeler.

Bon anniversaire à tous les policiers et policières!

François Roy

Rue des Forges - 1895

On nous dévoile ici une section de la rue des Forges, en 1895, en direction du fleuve, près du coin de la rue Notre-Dame. À droite, nous pouvons apercevoir les enseignes des photographes Pinsonneault et Héroux qui ont illustré Trois-Rivières jusque dans ses moindres recoins ainsi que la Banque d’Hochelaga, l’édifice blanc qui s’élève au-dessus des autres.

Source (Société de conservation et d’animation du patrimoine de Trois-Rivières)


LE COMMERCE : UNE VOCATION HISTORIQUE

Nos amis d'Appartenance Mauricie s'intéressent à tous les aspects de notre histoire régionale. Ils sont conscients de partager ce qu'on appelle un «devoir de mémoire» et ils s'en acquittent très bien. Pour 2006, une thématique s'imposait d'emblée : le commerce. Il s'agit là d'une vocation historique de la Mauricie. À ce sujet, l'année 2006 nous donne justement l'occasion d'une importante commémoration d'envergure régionale : les 125 ans de notre première Chambre de commerce.

Revenons en 1881. Les barons du Saint-Maurice mettent sur pied une Chambre de commerce appelée à traverser les siècles. Les barons en question, ce sont d'abord les Baptist, un clan familial tricoté serré qui exploite les ressources de la grande forêt mauricienne. Que veulent les Baptist et les autres membres fondateurs de cette première Chambre de commerce ? Ils souhaitent ouvrir la Mauricie sur les marchés extérieurs, grâce au développement des transports maritime et ferroviaire. Ils aiment quand ça bouge, parce que le «crédo» de la Chambre , c'est le mouvement ! Mouvement des marchandises, des capitaux, des individus et des idées…

Une première Chambre voit donc le jour en 1881, à Trois-Rivières. Elle est surtout industrielle et anglophone, mais elle deviendra de plus en plus commerciale et francophone. En 1926, Shawinigan et Cap-de-la-Madeleine auront aussi un tel regroupement de gens d'affaires. Au tournant des années 2000, toutes ces Chambres de commerce vont vivre à l'heure des grandes fusions, mais l'esprit des pionniers restera vivant. Aujourd'hui comme hier, nos Chambres de commerce gardent comme objectif de faire bouger la région.

Le 125 e de la Chambre trifluvienne nous donne donc l'occasion de faire le point sur l'ensemble de notre histoire économique, qui commence par l'ouverture d'un poste de traite à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, en 1634. Oui, Trois-Rivières a été fondé dans un but commercial ! Par la suite, le commerce trifluvien va devenir un commerce mauricien et il va suivre les avatars du développement industriel. Ce sera : d'abord l'aventure du fer, aux Forges du Saint-Maurice, mais aussi dans une demi-douzaine d'établissements du genre. Et puis ce sera l'exploitation forestière, les chantiers et la drave. Enfin viendra l'âge des centrales et des cheminées, l'époque de l'électricité, de la pulpe, du papier, du textile, de l'aluminium, de l'électrochimie etc. En parallèle, le petit commerce va lui aussi évoluer vers les magasins à rayons, les centres commerciaux et les «power centres».

Voilà justement ce que nous propose ce calendrier 2006 : un voyage à travers 125 ans de vie économique et un hommage à nos Chambres de commerce. Quant à nos amis d'Appartenance-Mauricie, ils viennent encore de faire la preuve qu'ils prennent très au sérieux leur «devoir de mémoire».

Bonne Année 2006 !

François Roy,

Membre du comité organisateur du 125 ième anniversaire de la Chambre de commerce et d'industrie de Trois-Rivières



Légende de la photo : Au milieu du XIX e siècle, Joseph-Édouard Turcotte, député et maire de Trois-Rivières, cède à la ville le chemin devant sa résidence, afin qu'elle y aménage une promenade de bois surplombant le fleuve. C'est le début d'une histoire d'amour entre les Trifluviens et cet espace urbain aujourd'hui appelé Parc portuaire.

Source : Normand Séguin


Le monde forestier; une fenêtre sur la société mauricienne de la seconde moitié du XIXe siècle

L’exploitation de la forêt est l’un des faits majeurs de l’histoire de la Mauricie au XIXe siècle. Avant même que ne s’enclenche l’industrialisation massive au début du siècle suivant, elle aura profondément marqué la société régionale, par son apport économique et son fonctionnement qui largement prend appui auprès de l’ensemble des milieux locaux.

Durant le deuxième quart du siècle, l’abattage connaît une première poussée le long de la rivière du Loup et de la Batiscan. Puis au milieu du siècle, les premiers aménagements du Saint-Maurice pour le flottage du bois permettent de monter à l’assaut de tout le bassin hydrographique de l’arrière-pays. Dès lors, les activités forestières peuvent s’imposer comme moteur de l’économie de la région et facteur d’intégration de son territoire.

Par centaines, la mise en valeur de la forêt mobilise les travailleurs. L’abattage, une opération hivernale, engendre un vaste phénomène de migrations temporaires vers les chantiers. Y participent, pour la plupart, des paysans qui profitent du creux de l’activité agricole pour s’assurer un revenu d’appoint comme bûcheron. Ils reprendront au printemps leur travail de la terre. Lorsqu'à l’approche du printemps l’abattage fait relâche, des brigades de draveurs prennent la relève pour réguler le flottage des billots vers le fleuve. Ces draveurs qui oeuvrent en période de réchauffement de la température sont pour la plupart des ruraux qui ont décroché de l’agriculture.

La récolte des bois alimente une activité de sciage disséminée sur tout le territoire habité. Des centaines de personnes s’y emploient dans des dizaines d’établissements. Un petit nombre de grosses scieries en mobilisent plus d’une centaine chacune alors que la majorité en compte moins de 5. Le gros du bois scié est voué à l’exportation sur des navires chargés à Trois-Rivières, principalement. Le sciage est la pièce maîtresse de l’armature économique de la petite ville et de plusieurs villages. D’autres usages contribuent à faire du bois une base économique de premier plan dans la région : la construction ; le chauffage domestique et la fabrication de charbon pour les forges ; le tannage ; la production de meubles, d’articles et d’outils.

Cette économie du bois tire éminemment parti du réseau de transport terrestre et aquatique qu’elle enrichit de nombreux aménagements. Et l’histoire des migrations des travailleurs forestiers est rythmée par la mise en place des infrastructures de transport vers l’intérieur : les routes et le chemin de fer jusqu’aux Piles, puis le bateau à vapeur vers La Tuque, la barque et le canot plus haut, et encore les sentiers forestiers pour arriver aux campements.

Le revenu gagné en forêt est un apport précieux en milieu de la colonisation. Ce sont en effet les nouvelles paroisses qui fournissent le plus gros contingent de travailleurs saisonniers. Bûcher est un travail éprouvant, exécuté de surcroît dans des conditions de grande misère ; on s’y prête par nécessité et l’on s’en détourne dès qu’on le peut. Aussi les hommes de plus de cinquante ans sont-ils rares dans les chantiers. La majorité des bûcherons est constituée de pères de familles. Moins nombreux certes, les jeunes célibataires forment néanmoins un groupe bien représenté. Comme les autres ruraux, un très grand nombre des travailleurs forestiers sont illettrés.

Pour les jeunes recrues, l’initiation au travail forestier est vécue comme un rite de passage au statut d’homme. Épreuve d’adresse, de résistance et de puissance, la vie en forêt a concocté une symbolique de la masculinité qui exalte le courage, l’acharnement et la camaraderie. Des vertus que de nos jours encore les courses de canots sur le Saint-Maurice célèbrent dans une atmosphère de fête.

Les montées et les retours de chantiers sont des moments d’émotion. Car il est difficile de s’arracher aux siens pour aller vivre en forêt des mois durant dans un complet dénuement, sans même les secours de la religion. Au printemps, plusieurs en reviendront ahuris à force de privation et de fatigue. Certains trouveront au cours de leurs longues migrations ponctuées de relais un vain réconfort dans l’alcool.

Dans ce monde d’hommes exposés à une si dure réalité, on prend l’habitude d’exprimer sa frustration et sa colère en sacrant. Un comportement qui fut d’abord une forme de résistance à un encadrement religieux devenu très insistant dans les paroisses depuis le milieu du siècle.

Le bûcheron, c’est aussi la figure de l’époux et du père absent. En l’absence de l’homme, la femme s’occupe de la maisonnée et veille aux animaux, ce qu’elle sait bien faire. Elle pourra d’ailleurs au besoin compter sur la parenté et le voisinage pour l’aider, car la paroisse est un lieu de solidarité. Un lieu où le curé exerce son ascendant, veillant au bon ordre et apportant aux familles réconfort et soutien moral. Pour le gardien des âmes, la mère de famille est ce lien privilégié par lequel la religion s’inscrit dans le corps social.

 

Légende de la photo: Cette belle Trifluvienne s'offre un moment de repos en admirant le magnifique paysage des îles du delta de la rivière Saint-Maurice au début du XXe siècle.

Source : Collection Conrad Godin


Histoire des femmes en Mauricie

L’histoire des femmes se confond habituellement avec celle des plus humbles, qui laissent peu de traces de l’histoire. Peu de femmes ont accédé à la notoriété publique au cours des dernières décennies. À côté de ces quelques figures féminines dont l’action a influencé le développement de notre région, il y a toutes ces femmes, nombreuses, qui ont apporté leur petite pierre pour construire le chemin de notre destinée. Elles ont œuvré dans toutes sortes de métiers, elles ont donné leur temps et leur vie pour des causes sociales, elles ont voulu une meilleure qualité de vie pour leur famille et leur voisinage.

Les Amérindiennes, d’abord, ont largement contribué à humaniser la Mauricie depuis environ huit mille ans. Vivant souvent dans des conditions extrêmes, elles ont transmis à leurs enfants les savoir-faire et les connaissances qui ont assuré leur survie. Les premières Européennes à s’installer à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice ont vécu dans des conditions tout aussi difficiles. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la vie est devenue plus douce dans les vieilles paroisses du bord du fleuve. Cependant, des femmes héroïques ont recommencé la lutte pour la survie sur le front pionnier, à mesure que progressait l’exploitation de la forêt. Elles ont dû se débrouiller avec très peu de commodités et ont besogné aux durs travaux de la ferme. Pendant de longs mois, elles assumaient seules la responsabilité de la maisonnée, le temps que les hommes gagnent quelques dollars à la coupe des arbres et à la drave.

Au début du XXe siècle, d’autres avenues se sont ouvertes pour les femmes. Nous avons vu des femmes de la Mauricie dans les hôpitaux et les écoles. Elles étaient aussi téléphonistes et serveuses, notamment. Comme ailleurs au Québec, plusieurs femmes ont occupé des emplois qui ne s’éloignaient pas de l’image traditionnelle que l’on avait d’elles. Pourtant, elles ont répondu à l’appel de l’industrie de la guerre lorsque la main-d’œuvre est devenue rare. En fait, les femmes ont toujours été nombreuses à faire tourner les machines, particulièrement dans les usines de textile. Les ouvrières, se hâtant d’entrer à l’usine à l’aube pour en ressortir après le coucher du soleil, étaient bien plus nombreuses que les institutrices des écoles de rang. Si Madame Émilie Bordeleau a connu une telle popularité, c’est parce qu’elle était l’exemple parfait, presque mythique, de la femme forte de notre passé. Elle était capable de traverser les épreuves de la vie et affronter, seule, les forces hostiles de la nature.

Bien sûr, certaines femmes, issues des grandes familles bourgeoises de la région, ont laissé leur marque en politique, dans le domaine des affaires ou dans le champ artistique. Ces femmes ont ouvert des voies peu traditionnelles. Elles ont dû faire preuve de ténacité et de détermination, souvent en sacrifiant leur désir d’enfants. Pour la majorité des femmes cependant, depuis le début du siècle jusque dans la décennie soixante-dix, le travail à l’extérieur du foyer devait cesser dès qu’elles se mariaient. Au lendemain de leurs noces, elles se consacraient à leur époux et à la vie domestique, en attendant les enfants qui ne manquaient pas d’arriver. Leur implication sociale suivait d’autres sentiers que celui du travail rémunéré. Elles préparaient les enfants à l’école et à la vie. Certaines d’entre elles ont participé à la mise sur pied d’entreprises familiales en assumant toutes sortes de tâches, dont la gestion administrative. Elles s’occupaient aussi des organisations communautaires comme l’Aféas, les Filles d’Isabelle et les Cercles de fermières.

On a dit du travail des femmes qu’il était invisible. Elles ont investi les lieux privés, elles se sont occupées de tout ce qui paraît accessoire pour notre société moderne axée sur le travail, la productivité et la compétitivité. Elles ont organisé la vie quotidienne, harmonisé les relations familiales et de voisinage ainsi que suscité l’entraide au sein de notre région. Le présent calendrier historique veut honorer la mémoire de ces femmes qui ont tissé patiemment les liens qui soutiennent encore aujourd’hui notre communauté.

 


Légende de la photo
: Ces hommes à Champlain travaillent fort pour récolter l'eau d'érable avec tout l'équipement nécessaire, en occurrence un cheval, un boghei, un traineau ... et beaucoup de bras.

Source : Société d'histoire
de Champlain



Légende de la photo
: En 1848, soit un an après l'érection canonique de la paroisse de Saint-Paulin, débute la construction de la première chapelle. Elle est par la suite démolie, en 1887, pour faire place à l'église paroissiale actuelle.

Source : Soeurs de l'Assomption de Nicolet



Légende de la photo
: le premier service de transport en commun par voie routière entre Cap-de-la-Madeleine et Trois-Rivières est opéré dès 1912-1913, par deux Madelinois, Majorique Arcand (derrière le véhicule) et Édouard Loranger (le conducteur). Nous les voyons prendre des passagers qui semblent apprécier ce nouveau moyen de transport leur permettant, entre autres, d'assister à la messe au Sanctuaire.

Source : Paul saulnier de Cap-de-la-Madeleine



Légende de la photo
: Un groupe d'écoliers de Saint-Maurice s'apprêtant à monter dans l'autobus scolaire des classes en septembre 1955.

Source : Le nouvelliste




Légende de la photo
: Cette toile, réalisé par Mary MicilentChaplin en 1842, vient nous rapeller l'utilisation de la rivière Saint-Maurice par nos ancêtres pour des fins de loisirs.

Source : Archives nationales du Canada




Légende de la photo
: Cette toile représente une vue saisissante des cinq centrales hydroélectriques érigées aux abords des chutes de shawinigan. Trois centrales furent construites par Shawinigan water and Power et deu autres par Northern Aluminimum Company (NAC), ancêtre d'Alcan. Il existe peu d'endroits en Amérique où l'on construit autant de centrales à proximité d'une même chute. Aujoud'hui, seules les centrales Shawinigan-2 érigée en 1911 et shawinigan-3, construite en 1946, sont encore en fonction.
Auteur de la peinture: Leslie Smith


Source : Collection Hydro-Québec, région Mauricie



Légende de la photo
:
Henry Julien, La chasse-galerie, 1906
Source: Musée du Québec.



Légende de la photo
:
Cette magnifique aquarelle, réalisée en 1837 par Philip John Bainbrigge, illustre le portage de la rivière cachée de Mont-Carmel, à la rencontre de la rivière Saint-Mauricie, face à St-Étienne-des-Grès. À cette époque, le Saint-Maurice est la voie d'accès de la mauricie. sur son cours, d'imposantes chutes obligent les voyageurs à effectuer de pénibles portages.

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